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Nous nous étions réjouis en 2017 de voir les électeurs français élire un candidat libéral et européen, et de constater que les premières décisions du gouvernement français allaient en particulier dans le sens d’un allégement des impôts sur le capital.


Mais notre continent n’est pas sorti des difficultés. Si la croissance a profité d’un rebond important en fin d’année dernière, celle-ci semble ralentir en 2018, notamment en France et en Italie, mais aussi en Allemagne plus récemment. Les hausses de tarifs douaniers initiées par les Etats-Unis d’une part, mais aussi la nouvelle réglementation dans le secteur automobile réduisent le potentiel de croissance en cette fin d’année. Pour le moment, l’inquiétude sur ce sujet n’est pas élevée. La croissance sera plus forte en 2018 qu’elle ne l’a été au cours des dernières années et on constate une baisse sensible du chômage dans la plupart des pays européens.


C’est une fois de plus le problème politique qui revient à la une et qui réduit les espoirs sur l’avenir de notre continent. La désunion est à son comble et il semble difficile de mettre en place le moindre projet. Nord, sud, est et ouest ne semblent d’accord sur rien.


Deux difficultés dominent :


L’Italie a élu au printemps dernier une majorité de coalition qui, à priori, n’était d’accord sur rien sauf sur l’arrêt de l’immigration et l’augmentation du déficit budgétaire. Le gouvernement qui en est issu a présenté son projet de budget. Il prévoit une hausse de ce déficit à 2.4% en 2019, contre 0.8% initialement prévu par les prédécesseurs, et il annonçait dans une première version vouloir rester à ce niveau en 2020 et 2021. Alors que la dette est actuellement égale à 135% de son PIB, cette décision pourrait aggraver les difficultés économiques du pays, notamment si une faiblesse conjoncturelle survenait, et elle est en contradiction avec les engagements de la péninsule avec le Conseil des Ministres Européens. Avec une telle dette, l’Italie est dépendante de ses créanciers qui ont exprimé leur inquiétude avec une hausse importante des taux d’emprunt de l’Etat Italien. A la fin de ce mois, les agences de notation auront à délivrer leur verdict. Et, entre temps, la version finale de ce budget sera présentée aux autorités européennes.


Le secteur bancaire italien avait au cours des deux dernières années fait un effort considérable de rationalisation et de nettoyage des mauvais crédits. Mais il est toujours porteur d’une partie de la dette du pays dont les cours baissent. La conséquence est double : la valeur des actifs baisse et le coût du capital augmente. On n’aurait pas pu faire mieux pour casser la dynamique favorable de la finance italienne.


La seconde difficulté concerne le BREXIT. Le référendum qui l’a décidé date du 23 juin 2016. Depuis deux ans, le brouillard sur l’implémentation de cette décision ne s’est pas levé. Et le 29 mars 2019 à 23h, il est prévu que le Royaume-Uni sorte de l’Union Européenne, sans doute avant une période transitoire qui pourrait durer deux années. Mais les négociateurs britanniques et européens n’arrivent pas à se mettre d’accord sur les modalités et on parle de plus en plus d’un « hard brexit » ou de l’absence de « deal » ! Certains disent même que si on aboutissait à un accord, celui-ci ne serait pas entériné par le parlement britannique en l’absence de majorité.


Cette situation serait extrêmement préjudiciable des deux côtés de la Manche. Le commerce serait rendu extrêmement compliqué et des sociétés comme Airbus par exemple devraient revoir une grande partie de leur logistique. Il nous semble évident que la décision des anglais de quitter l’Europe est une mauvaise décision pour leur croissance et celle des pays européens, mais elle deviendrait très grave en l’absence de modalités sur le commerce des biens et des services. On peut toutefois espérer que la sagesse reviendra dans les prochaines semaines qui seront cruciales.


Sauf dans les derniers jours, le marché français est resté plutôt positif, mais la hausse est concentrée sur la technologie, le luxe et le pétrole. Les autres secteurs et les autres marchés européens attendent que la visibilité s’améliore sur la croissance, mais aussi en Italie et en Grande-Bretagne.

Jean-Philippe Mollet

Directeur

Achevé de rédiger le 4 octobre 2018

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Prélèvement à la source, comment appréhender ce nouveau dispositif ?

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Après plusieurs jours de flottement, Emmanuel Macron clôture un éventuel nouveau volet des chantiers fiscaux du quinquennat : la réforme des droits de succession.

La fiscalité des successions constitue un débat récurrent en France revenant de temps à autre sur le devant de la scène. Notre Président de la République vient d’annoncer, il y a quelques jours, qu’aucune réforme des droits de succession n’aurait lieu sous son mandat.

Pour rappel, les droits de succession en France varient en fonction du lien de parenté existant entre le défunt et ses héritiers. Le taux peut aller jusqu’à 60% en cas de succession entre non-parents. A l’opposé, le conjoint survivant ou le partenaire pacsé est exonéré de droits de succession depuis 2007.

S’agissant des successions en ligne directe, le taux des droits de succession est progressif, en fonction d’un barème de 5 à 45% (au-delà de 1 800 000 d’euros de patrimoine reçu par l’héritier). L’abattement applicable est de 100 000 euros.

Avec l’un des barèmes progressifs les plus élevés d’Europe et un abattement dans les plus faibles du Monde, la France s’inscrit dans les champions de l’imposition des successions. Si cette pression fiscale sur la transmission au décès est évidemment une question importante, le débat doit cependant s’inscrire dans un contexte plus large, incluant également la fiscalité des donations entre vifs. La possibilité de transmettre de son vivant à la génération suivante s’est amoindrie depuis 2012, l’abattement d’un montant de 100 000 euros est désormais renouvelable tous les quinze ans. Il était possible de transmettre 150 000 euros en franchise de droits de donation tous les six ans avant 2011.

 

Blanche de Labarre

Ingénierie Patrimoniale

  

Achevé de rédiger le 20 septembre 2018

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Beaucoup de pessimistes nous avaient prédit un été difficile sur les marchés. Cette prévision était aisée : les tweets de Monsieur Trump ont le don de faire peur, notamment quand ils concernent les relations commerciales des Etats-Unis avec ses partenaires, en particulier la Chine, mais aussi l’Europe. Un ralentissement du commerce international n’est pas bon pour l’économie mondiale et déjà on constate une légère baisse d’activité dans ces deux zones. Pourtant ces mesures protectionnistes n’ont pas encore été réellement mises en place. Le contexte d’une fin possible d’un cycle économique particulièrement long ne contribue pas non plus à une ambiance détendue.

Le nouveau gouvernement italien était également une cause de stress en Europe. Le programme approuvé par ses électeurs implique une hausse importante du déficit budgétaire et de la dette. Le prix des obligations souveraines a en conséquence fortement baissé suite aux ventes massives des non-résidents. Les banques italiennes qui portent une large part de la dette ont beaucoup baissé en bourse. Evidemment les très nombreux sceptiques n’ont pu que constater une fois de plus que l’Europe était décidément incapable de mettre en place une politique économique commune et efficace.

Finalement, l’été s’achève et le comportement des marchés n’a pas été si mauvais. Il a en revanche été très contrasté. Comme d’habitude, le marché américain mène le bal avec des niveaux proches des plus hauts, tiré en particulier par les grandes valeurs technologiques dont Apple et Amazon qui ont dépassé chacune la valeur de 1 000 milliards de dollars. Les marchés européens ont connu des hauts et des bas, mais globalement, les indices ne bougent pas. En revanche les actions connaissent des performances très disparates : le luxe et la technologie (dont l’aéronautique) se tiennent particulièrement bien, alors que les valeurs financières restent en forte baisse. Et les pays émergents connaissent un vrai « bear market » avec des baisses parfois supérieures à 20% accompagnées par des baisses de devises consécutives à la bonne tenue du dollar et à des crises politiques parfois importantes.

Mais les optimistes, que nous avons tendance à être, restent frustrés : il est très difficile de réaliser des profits sur les portefeuilles de valeurs mobilières. Les taux d’intérêts sont toujours aussi faibles en Europe. Une crise du crédit latente s’est mise en place avec des hausses de spreads sur les obligations d’entreprises les plus endettées et sur les pays émergents. Les bénéfices des sociétés augmentent sensiblement, autour de 10% en moyenne, mais les marchés en tiennent peu compte. Et quand ils déçoivent un peu, la sanction peut être très lourde.

De prochaines échéances importantes éclaireront sans doute le contexte : des hausses de taux aux Etats-Unis en septembre et en décembre, les élections de mid term qui se dérouleront le 6 novembre prochain, un éventuel accord entre l’Europe et la Grande-Bretagne sur le Brexit et les négociations commerciales qui ont toujours lieu entre américains, chinois, européens et canadiens. Le comportement de la devise américaine sera un paramètre important.

Jean-Philippe Mollet

Directeur

Achevé de rédiger le 12 septembre 2018

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